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Interpellé par la LCR (O.F. du 17 juin), Daniel Le Bigot, adjoint au maire à l'urbanisme et au cadre de vie, réagit dans un communiqué : « Il n'est pas question pour moi d'entretenir une polémique avec Jeanine Carasco de la Ligue communiste révolutionnaire, mais son interpellation publique me permet de repréciser les choses. En tant que Vert, militant écologiste de gauche, je suis parfaitement solidaire du combat mené par les gens de Carhaix contre la disparition d'un service public de proximité. Aujourd'hui c'est la justice, la santé, l'école qui sont en ligne de mire et il est à craindre que l'action engagée par l'État à l'initiative du gouvernement n'en soit qu'à son début.

Nous assistons, pour des raisons d'économies budgétaires liées en partie au cadeau fiscal, à un déménagement du territoire au profit d'une centralisation autour des grandes villes. La solidarité vers les populations qui se sentent abandonnées s'impose donc à nous. Il reste qu'en tant qu'écologiste, et je pense que tout écologiste qui se respecte se doit de le faire, je désapprouve vivement le recours au brûlage des pneus. Comment lutter pour un service de santé de qualité et dans le même temps, brûler à l'air libre, du caoutchouc qui émet de puissants polluants ? Je comprends que pour être efficace une manifestation se doit d'être spectaculaire. Le recours à la catapulte, au canon factice et à la musique participe positivement à cette mise en scène. Le brûlage des pneus comme l'action violente contre les biens et les personnes ne peuvent que démobiliser toute une partie de la population qui, tout en éprouvant de la sympathie pour le mouvement, refusera de s'y associer.

Et c'est vrai, en tant qu'élu de Quimper, je suis aussi à l'écoute des Quimpérois. Le pire qui puisse nous arriver serait de nous monter les uns contre les autres alors qu'il nous faut trouver des solidarités contre un système libéral qui cultive les individualismes. La balle est dans le camp de l'État, la mise en place d'un moratoire de 12 à 18 mois permettant de rechercher des solutions durables me semble être indispensable afin d'apaiser les passions et de retrouver les sens de la raison. »