Marianne Rannou et Gilles Coïc. Certaines machines à café permettent aussi de moudre les grains. Une façon de limiter les déchets d'emballage.

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La société de Plomelin a réalisé son bilan carbone. Une base pour engager des actions alliant économie et environnement.

« Tout est parti d'un concours de circonstances... » Marianne Rannou, responsable qualité des Cafés Coïc (Plomelin), raconte comment l'entreprise s'est engagée dans la démarche « bilan carbone ». « L'entreprise a toujours eu la fibre environnementale. Nous proposons par exemple du café bio depuis 1992. » C'est par l'intermédiaire de Produit en Bretagne, auquel adhère la société, que le contact est noué avec Franck Lemiègre, fondateur de Proxima énergie, une société de Saint-Thurien. « Ce consultant nous a proposé de réaliser un bilan carbone validé par l'Ademe (Agence de développement et de maîtrise de l'énergie). Sa proposition et les méthodes employées ont séduit Gilles Coïc, le dirigeant. »

« Tout a été calculé »

« La décision de s'engager dans le bilan carbone a été prise en une semaine. Coût de l'opération, 5 000 € subventionné à 50 % par l'Ademe. » Débuté fin janvier, le travail aboutit en mars. « Nous nous sommes basés sur les valeurs réelles. Les kilomètres parcourus par les camions dans les 19 pays producteurs. Le trajet en bateau jusqu'à Anvers, sur la base des vraies routes maritimes. Tout a été calculé, jusqu'à la livraison du café et l'incinération des déchets. »

Bilan global : 183 tonnes d'équivalent carbone rejetées par an. « À partir de ce résultat, on essaie de réconcilier l'aspect économique et l'aspect environnemental. Grâce aux données recueillies, notre jugement est plus rationnel. » La société sait que le bilan fret est celui qui pèse le plus. Logiquement, c'est ce poste qui bénéficie des premiers efforts. « On rationalise les livraisons, on incite nos fournisseurs qui ne sont pas engagés dans la démarche à le faire. »

Ne pas déplacer les pollutions

Marianne Rannou dit aussi se méfier « des faux amis ». Un exemple. La petite tasse en carton paraît plus « écolo » que celle en plastique (polyéthylène). « Mais en fait, pour être étanche, l'intérieur de la tasse en carton est recouvert d'une pellicule de plastique. Au bout du compte... » Même raisonnement pour les emballages : entre un sachet de 30 g de plastique et un emballage de 300 g en carton le choix s'impose. Éviter donc les faux amis. Et surtout ne pas se contenter de déplacer les pollutions.

L'entreprise n'est qu'au début d'un long processus. Le bilan énergétique du bâtiment permet d'esquisser d'autres pistes de travail. Notamment au siège de l'entreprise : autonomie en eau chaude, récupération de l'eau de pluie. « Les salariés sont tenus au courant de nos réflexions. Les échanges sont intéressants. Chacun s'approprie la démarche à sa façon. » La meilleure recette pour faire avancer les idées.

Cafés Coïc, cinq millions d'euros de chiffre d'affaires, 36 salariés.