Confrontée au déremboursementde deux de ses médicaments, Girex-Mazal a annoncé hier 60 suppressions d’emplois.

Le chiffre était attendu et redouté : Cyril Estanove, PDG de Girex-Mazal a annoncé hier à Quimper le projet de licenciement de 60 salariés sur les 209 que compte la société pharmaceutique. « C’est énorme, nous sommes sous le choc », commente Pierre Quéau, secrétaire du comité d’entreprise. Le projet de licenciement concerne 40 salariés du secteur chimie et 20 du secteur pharmacie.
Diversification
« Le PDG a annoncé que ce chiffre pourrait être réduit, dit Pierre Quéau. La société travaille sur une diversification. Elle est pour cela à la recherche de fonds publics. Des dossiers ont été déposés pour obtenir des subventions des collectivités territoriales. Il n’y a pas dans l’immédiat de réponse sur l’éligibilité de la demande ». La direction aurait annoncé que le plan de licenciement serait revu « de manière substantielle » avec des aides « substantielles ». « Nous disons aux décideurs politiques locaux que si nous avons un dossier lisible garantissant l’avenir, nous soutiendrons la démarche, dit Pierre Quéau. Il nous faut des garanties car sinon la question de la pérennité de l’entreprise est posée ». Bernard Le Douairon, directeur de l’entreprise, confirme : « nous nous battons pour la pérennité du site. Un plan social était indispensable pour remettre les pendules à l’heure au vu de notre production actuelle. Quant à la diversification, nous savons très bien vers où nous diriger ». La procédure légale débutera le 14 février. « Nous en saurons plus car aujourd’hui nous n’avons aucune garantie sur l’avenir. La diversification demande de longs délais. Le groupe indien qui a acheté la société prétextait qu’il allait apporter du travail. Aujourd’hui, il n’y a toujours rien sur la table. Nous suivrons tout ce qui garantira le maintien de l’entreprise mais il nous faut un dossier lisible », insiste Pierre Quéau.
Ronan Larvor

La société quimpéroise produit notamment le Veinamitol (veinotonique) et l’ART 50 (traitement contre l’arthrose)


Girex-Mazal. Le coup de tonnerre à Quimper

Le plan social annoncé, hier, aux employés de Girex-Mazal a fait l’effet d’une bombe. Dans les semaines à venir, 60 des 209 emplois de l’entreprise seraient supprimés.

L’ambiance était véritablement moribonde, hier, en fin d’après-midi, à la sortie de Girex-Mazal, entreprise pharmaceutique située en périphérie sud de Quimper. Car si l’annonce d’un plan social était plus ou moins attendue depuis quelques semaines, les 209 employés du site ont pris « un grand coup de marteau derrière les oreilles » lorsque l’ampleur de ce plan leur a été dévoilée, hier, vers midi.
« On pense aux collègues... »
Soixante salariés sont menacés de licenciement d’ici à la fin du mois d’avril, soit près de 30 % du total des effectifs. « C’est terrible, témoigne cet employé. Je ne suis pas moi-même concerné, mais c’est un coup très dur quand même. On pense aux collègues... ». Car si personne ne connaît encore le nom de ceux qui seront licenciés, le nombre de suppressions de postes par service est quant à lui connu. Et, par déduction, treize des employés de l’entreprise savent d’ores et déjà que leur sort est scellé. « Les noms ne seront pas communiqués avant avril, lorsque le plan social entrera vraiment en application. Mais la suppression de certains postes a été officialisée. Et comme certains de ceux-là sont des postes uniques, certains de nos collègues savent déjà qu’ils sont directement concernés », explique Pierre Quéau, représentant CFDT au comité d’entreprise. Rachetée en 2007 par le groupe indien Wockhardt, Girex-Mazal se compose d’une section « chimie » (Girex), où sont purifiés les principes actifs des médicaments, et d’une autre, « pharmacie », consacrée au conditionnement de ces médicaments (Mazal). Avec 41 suppressions de postes sur les 131 qu’il compte, c’est le secteur chimie qui sera le plus affecté. Au service chimie fine, c’est même la moitié des emplois qui seront supprimés (17 sur 34), tout comme 20 des 78 postes de Mazal.
« Ça fait vraiment mal »
« On s’en doutait. Mais maintenant que c’est effectif, ça fait vraiment mal », témoigne cet autre salarié. « Et on se pose des questions même pour ceux qui vont rester. Comment l’entreprise va-t-elle fonctionner sans ces postes ? », s’interroge Erika Jourdren, également élue au CE de l’entreprise. « Notre travail va désormais consister à s’assurer qu’il n’y ait pas de décision unilatérale de la part de la direction, et de trouver un compromis qui soit acceptable par tous. Car l’entreprise a ses critères, et nous les nôtres... Et si la direction ne connaît pas les situations personnelles et familiales de chacun, nous les connaissons. Et il faudra bien qu’elle entende nos arguments », expliquait finalement Pierre Quéau. Créée en 1983, Girex-Mazal recense autant d’hommes que de femmes parmi ses employés, tous issus du bassin quimpérois et comptant entre quinze et vingt ans d’ancienneté. Leur moyenne d’âge est de 44 ans. Lire également en page 6.
Thierry Dilasser

Comme l’ensemble des salariés de l’entreprise, Gilles Héno et Erika Jourdren, élus au CE, ont très mal vécu l’annonce faite par la direction, hier midi.